Remuscler son cerveau grâce à l’association onCOGITE !

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«  Nous aidons tous les patients suiv­is ou ayant été traités pour un can­cer en France à remus­cler leur cerveau ! »

Les trou­bles cog­ni­tifs touchent de nom­breuses per­son­nes atteintes de can­cer, en rai­son de la mal­adie ou des traite­ments. Dans le cadre des soins de sup­port, les ate­liers onCOG­ITE offrent une prise en charge spé­cial­isée pour aider les patients à récupér­er leurs fac­ultés cérébrales. Une approche essen­tielle pour préserv­er la qual­ité de vie. Le point avec Sophie Pra­da, assis­tante de direc­tion au sein de l’as­so­ci­a­tion onCOGITE.

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Que propose onCOGITE ?

Il s’ag­it d’une asso­ci­a­tion créée en 2019 par Véronique Gérat-Muller — doc­teur en psy­cholo­gie clin­ique et psy­chopatholo­gie engagée depuis 20 ans dans la psy­cho-oncolo­gie – et Christophe Muller, tré­sori­er et chargé des ques­tions admin­is­tra­tives et juridiques d’onCOG­ITE. Fruit d’une solide exper­tise en neu­ro­science, onCOG­ITE accom­pa­gne les per­son­nes atteintes d’un can­cer et présen­tant des trou­bles cog­ni­tifs séquel­laires. Elle leur pro­pose des ate­liers avec des exer­ci­ces spé­ci­fiques pour les amen­er pro­gres­sive­ment à retrou­ver une cer­taine per­for­mance cog­ni­tive. La méth­ode onCOG­ITE a été mise en place à la suite d’une étude exploratoire menée à l’Insti­tut Bergonié (à Bor­deaux) auprès de 90 patients atteints de cancer.

Aujour­d’hui, toutes les per­son­nes suiv­ies ou ayant été traitées pour un can­cer — habi­tant en France, quel que soit leur lieu de rési­dence — peu­vent avoir accès à notre par­cours de remé­di­a­tion cog­ni­tive qui dure entre 4 et 6 mois, à rai­son d’un ate­lier par semaine (en visio ou en présen­tiel). Cha­cun dure 1 heure et demi.

Pourquoi les personnes atteintes de cancer souffrent-elles parfois de troubles cognitifs ?

Plusieurs fac­teurs expliquent la frag­ili­sa­tion des fonc­tions cérébrales chez cer­tains patients. Tout d’abord, l’in­flam­ma­tion liée au can­cer peut provo­quer des trou­bles cog­ni­tifs. Les molécules inflam­ma­toires (cytokines) libérées par la tumeur peu­vent tra­vers­er la bar­rière héma­to-encéphalique et provo­quer une inflam­ma­tion du cerveau, per­tur­bant le fonc­tion­nement des neu­rones. L’in­flam­ma­tion peut réduire la pro­duc­tion de neu­ro­trans­met­teurs (comme la dopamine, la séro­to­nine, ) essen­tiels à la mémoire, à l’at­ten­tion et à la régu­la­tion de l’humeur. Par ailleurs, l’an­nonce du traite­ment peut créer un effet de sidéra­tion ; ce qui peut amoin­drir les capac­ités cog­ni­tives de façon tem­po­raire. Enfin, cer­tains traite­ments peu­vent entraîn­er des trou­bles au niveau cérébral . C’est le cas de la chimio­thérapie, de l’hor­monothérapie, de l’immunothérapie. Mais aus­si, de la radio­thérapie unique­ment lorsqu’elle est ciblée sur le cerveau.

Comment peuvent se manifester les séquelles cognitives liées au cancer et ses traitements ?

Ces séquelles — appelées trou­bles dif­fus – peu­vent touch­er la mémoire, l’at­ten­tion, le lan­gage. Ou encore, les fonc­tions exec­u­tives : c’est-à-dire, le fait de s’adapter aux sit­u­a­tions nou­velles, par exem­ple en pas­sant d’une tâche à une autre (flex­i­bil­ité), en met­tant en place des étapes (plan­i­fi­ca­tion, organ­i­sa­tion) ou en met­tant de côté cer­tains élé­ments tels que les bruits envi­ron­nants (inhi­bi­tion). Les trou­bles dif­fus peu­vent être dif­fi­ciles à diag­nos­ti­quer. Mais les patients en ont sou­vent con­science et en par­lent par­fois avec leurs soignants et avec les mem­bres de notre association.

Par exem­ple, cer­taines per­son­nes traitées pour un can­cer nous dis­ent : « en ce moment, j’ou­blie vrai­ment tout ! ». En réal­ité, le plus sou­vent, ce dont ils se plaig­nent n’est pas un réel défaut de mémoire. Mais plutôt un prob­lème de con­cen­tra­tion. L’in­for­ma­tion ne vient pas se ranger au bon endroit dans le cerveau. On ne peut donc pas la ressor­tir au moment adéquat. Cela est sou­vent lié à la fatigue et au stress induits par le cancer.

En quoi consiste la méthode onCOGITE ?

Il s’ag­it d’un enchaîne­ment d’ex­er­ci­ces spé­ci­fique­ment conçus pour les patients ayant un can­cer. L’ob­jec­tif est de sol­liciter toutes les fonc­tions cog­ni­tives (atten­tion, mémoire, dou­ble tâche, plan­i­fi­ca­tion, inhi­bi­tion, capac­ités visiospa­tiales, audi­tives…) sans jamais met­tre le patient en sit­u­a­tion d’échec. Tous les ate­liers sont ani­més par un neu­ropsy­cho­logue for­mé à notre méth­ode. Ils s’ef­fectuent en groupe (8 à 12 patients). Avant de don­ner chaque exer­ci­ce, ce thérapeute effectue un tra­vail de psy­cho-édu­ca­tion. Autrement dit, il indique les fonc­tions cog­ni­tives qui seront tra­vail­lées, la façon de les tra­vailler et les béné­fices que l’ex­er­ci­ce peut apporter dans la vie quotidienne.

Ces derniers s’ef­fectuent à par­tir d’un ordi­na­teur ou d’une tablette ; une con­nex­ion Inter­net est égale­ment indis­pens­able. Ils sont très diver­si­fiés. Pour mus­cler le cerveau, le neu­ropsy­cho­logue mon­tre par exem­ple des chiffres, des let­tres ou des couleurs à mémoris­er. Le but est de com­pren­dre une con­signe com­plexe puis, de faire l’exercice. Il n’y a pas d’effet de levi­er de pla­fond au niveau des exer­ci­ces : cela sig­ni­fie que tout le monde peut s’améliorer. Une per­son­ne qui débute sa pre­mière séance d’onCOGITE va se retrou­ver avec des per­son­nes qui en sont à la moitié, et même, à la fin de leur parcours.

Par ailleurs, durant les ate­liers, ce n’est pas la per­for­mance qui compte mais le ressen­ti de la pro­gres­sion per­son­nelle. Les exer­ci­ces sont per­son­nal­isés ; chaque patient les effectue à son rythme et s’au­to-éval­ue : il n’est jamais com­paré aux autres. Le but est de remet­tre en marche son cerveau et de recréer des nou­velles con­nex­ions neuronales.

Un par­cours de 15 à 22 ate­liers est pro­posé aux patients selon leur besoin. Ils peu­vent ensuite con­tin­uer à inten­si­fi­er les entraîne­ments en autonomie, à domi­cile, grâce aux exer­ci­ces que nous pro­posons en ligne (via la web appli­ca­tion onCO’GI­TIEL). Enfin, nous avons créé un par­cours spé­ci­fique pour les ado­les­cents et jeunes adultes atteints de can­cer (de 15 à 30 ans).

Concrètement, comment savoir si l’on souffre d’un trouble diffus ?

Au quo­ti­di­en, plusieurs signes peu­vent aider les patients à pren­dre con­science de l’ex­is­tence d’un trou­ble cog­ni­tif lié au can­cer. Par exem­ple, le fait d’avoir des dif­fi­cultés à exprimer sa pen­sée (à trou­ver le bon mot) ; de devoir relire plusieurs fois le même pas­sage d’un livre ; d’en­tr­er dans une pièce sans vous sou­venir ce que l’on est venu y faire ; d’avoir du mal à suiv­re une con­ver­sa­tion ; ou à accom­plir deux tâch­es sim­ples en même temps (telles que par­ler au télé­phone et ranger le lave-vais­selle). Chez cer­taines per­son­nes, les trou­bles dif­fus liés au can­cer s’améliorent le plus sou­vent. Quoi qu’il en soit, nous invi­tons les patients à dis­cuter de leurs trou­bles cog­ni­tifs avec l’équipe médi­cale qui les suit. Cela per­met d’ef­fectuer, si besoin, un diag­nos­tic des trou­bles de la mémoire et de véri­fi­er qu’il n’y a pas d’autres patholo­gies en cause.

Comment s’inscrire aux ateliers onCOGITE ?

Le pro­gramme est réservé aux patients ayant été suiv­is pour un can­cer et peut être effec­tué en présen­tiel ou en dis­tan­ciel (si l’on habite loin d’un cen­tre de can­cérolo­gie pro­posant nos ate­liers). Le sim­ple fait de devenir adhérent (20 euros par an) donne accès à un par­cours de 22 séances (max­i­mum, non renou­ve­lable) et aux exer­ci­ces de la web appli­ca­tion onCO’GI­TIEL grâce au sou­tien des parte­naires financiers et les dons des adhérents. Pour les ate­liers, je con­seille de choisir un créneau per­me­t­tant d’être le plus fidèle possible.

Les inscrip­tions s’ef­fectuent sur le site : https://oncogite.com.


Virginie Billard, psychothérapeute ; trésorière adjointe de l’association Corasso

« Mon pre­mier can­cer (celui de l’œ­sophage) a été diag­nos­tiqué très tar­di­ve­ment, fin 2021. la tumeur avait obstrué l’oe­sophage J’ai donc reçu une chimio­thérapie asso­ciée à une radio­thérapie à un dosage très élevé. Ces traite­ments m’avaient épuisée, j’é­tais très affaib­lie et je man­i­fes­tais des signes de con­fu­sion men­tale. J’avais du mal à accom­plir des tâch­es sim­ples telles que le fait de pré­par­er mon petit déje­uner ; je ne trou­vais plus mes mots. J’ou­bli­ais presque instan­ta­né­ment ce que je venais de dire à mon mari. J’é­tais inca­pable de réflechir. Et surtout, j’avais du mal à accom­plir une dou­ble tâche (le fait de faire deux choses en même temps), à pass­er d’une con­signe à une autre. En faisant des recherch­es sur Inter­net, j’ai trou­vé onCOG­ITE et je m’y suis inscrite. J’ai effec­tué les ate­liers ani­més par une neu­ropsy­cho­logue, en dis­tan­cie. Au fur et à mesure des séances, j’ai beau­coup pro­gressé d’un point de vue cog­ni­tif, notam­ment en ce qui con­cerne la mémoire, l’adapt­abil­ité (pass­er facile­ment d’une tâche à une autre), le vocab­u­laire (trou­ver de manière flu­ide mes mots), ou encore la dou­ble tâche (en cui­sine, met­tre en route plusieurs pré­pa­ra­tions en les gérant simul­tané­ment, et non les unes après les autres).

En 2023, on m’a diag­nos­tiqué un nou­veau can­cer au niveau de la base de la langue et des cordes vocales : j’ai donc eu une pharyn­go-laryn­gec­tomie totale. Lors de cette inter­ven­tion chirur­gi­cale, on m’a retiré le tiers supérieur de l’œ­sophage, le lar­ynx (organe de la voix) et la total­ité du phar­ynx : cette par­tie de la gorge qui relie la bouche à l’œ­sophage. Là encore, les traite­ments m’ont beau­coup fatiguée. Mais dès que j’ai repris un peu d’én­ergie, j’ai con­tin­ué à faire les exer­ci­ces d’onCOG­ITE et j’ai pu récupér­er l’essen­tiel de ma tête ! Pour moi, onCOG­ITE a été un excel­lent out­il pour réé­du­quer les fonc­tions cérébrales. Le cerveau se remus­cle si on l’en­traîne : on peut retrou­ver ses capac­ités cog­ni­tives après un can­cer, en se don­nant du temps, de la patience, et en respec­tant son rythme ». 

Arti­cle rédigé par Hélia Prévot

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