Bilan dentaire

Les traite­ments des can­cers tête et cou impliquent sou­vent de la radio­thérapie ou de la curi­ethérapie. Ces irra­di­a­tions qui frag­ilisent les tis­sus autour de la tumeur traitée peu­vent avoir un impact sur la den­ti­tion. Le Dr Stanis­las De Mon­tal­ier — chirurgien-den­tiste à l’Institut Gus­tave Roussy, Ville­juif – nous explique quelles sont les pré­cau­tions à pren­dre pour préserv­er au mieux sa den­ti­tion. Un suivi rigoureux et des traite­ments den­taires à chaque étape du par­cours de soin pour préserv­er cet équili­bre fragile.

Avant tout traite­ment d’un can­cer ORL, un bilan den­taire asso­ciant un exa­m­en clin­ique à une radi­ogra­phie panoramique est indispensable.

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Cet exa­m­en a pour objec­tif de dépis­ter toute infec­tion den­taire ou gin­gi­vale. Il s’agit de faire place nette pour que les traite­ments anti­cancéreux se déroulent dans les meilleures con­di­tions possibles.

Compte tenu de l’urgence de la prise en charge, il peut être pro­posé des extrac­tions den­taires. « Dans le cas de tumeurs à évo­lu­tion lente, il est toute­fois pos­si­ble de pro­pos­er un traite­ment de dévi­tal­i­sa­tion de la dent afin de la préserv­er. C’est-à-dire, net­toy­er les bac­téries qui sont à l’in­térieur de la dent pour que l’in­fec­tion dis­paraisse. La dévi­tal­i­sa­tion peut être effec­tuée rapi­de­ment mais elle met plusieurs mois à agir. C’est la rai­son pour laque­lle elle n’est envis­agée que très rarement, lorsque toutes les con­di­tions sont réu­nies. » pré­cise le Dr De Montalier. 

Un détar­trage des dents est aus­si pro­posé pour que la cav­ité buc­cale soit la plus pro­pre possible.

Enfin, des empreintes sont réal­isées avant les traite­ments pour pré­par­er les étapes de recon­struc­tion.

La chirurgie carcinologique

Il s’agit de l’élimination chirur­gi­cale de la tumeur (on par­le aus­si d’exérèse) et d’un curage des gan­glions cer­vi­caux le plus sou­vent. C’est un moyen très effi­cace d’éliminer la mal­adie. Sur le plan den­taire, cela peut entraîn­er des dif­fi­cultés sur le plan esthé­tique, ali­men­taire ou phona­toire. Dans la mesure du pos­si­ble, toute dent man­quante est rem­placée au moins à titre pro­vi­soire. Mais cela n’est pas tou­jours pos­si­ble si la chirurgie a néces­sité une abla­tion trop impor­tante de la mâchoire par exem­ple. Ces inter­ven­tions chirur­gi­cales sont sou­vent asso­ciées à une radio­thérapie post opératoire.

La curiethérapie, outil thérapeutique particulier

Il s’agit d’une radio­thérapie « interne », appliquée au moyen de matériels spé­ci­fiques que l’on place directe­ment dans la tumeur. Son action est intense et lim­itée au vol­ume tumoral. Cette tech­nique ne peut traiter que des petites tumeurs sans exten­sion gan­glion­naires et facile­ment acces­si­ble (lèvres, joue, langue, nez). En col­lab­o­ra­tion avec le ser­vice de curi­ethérapie, les pro­thé­sistes con­fec­tion­nent des gout­tières de pro­tec­tion plom­bées pour pro­téger les dents qui se trou­vent au voisi­nage de la tumeur.

Pro­pos recueil­lis par Hélia Haki­mi-Prévot et Sab­ri­na Le Bars


Pour aller plus loin :
Les essen­tiels pour préserv­er ses dents

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