Formation Corasso au pair-accompagnement : bilan à 1 an

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Un an après son lancement, la formation Corasso fait ses preuves

Un an après son lance­ment, la for­ma­tion au pair-accom­pa­g­ne­ment pro­posée par Coras­so mon­tre déjà son impact. Des­tinée aux patients et proches touchés par un can­cer tête et cou, elle com­bine théorie, mis­es en sit­u­a­tion et tra­vail col­lec­tif. Les par­tic­i­pants dévelop­pent leurs com­pé­tences tout en partageant expéri­ences et savoirs. Ce dis­posi­tif illus­tre la force du sou­tien entre pairs et l’importance d’un cadre struc­turé. Le point avec sa respon­s­able péd­a­gogique : Vir­ginie Billard.

formation pair accompagnement

Face aux défis du par­cours de soins, le sou­tien entre per­son­nes ayant vécu des sit­u­a­tions sim­i­laires s’avère pré­cieux. Coras­so a mis en place une for­ma­tion spé­ci­fique pour trans­former cette expéri­ence per­son­nelle en com­pé­tences con­crètes d’accompagnement. Au fil des mod­ules, les par­tic­i­pants appren­nent à écouter, guider et com­mu­ni­quer avec respect, tout en s’appuyant sur le groupe pour progresser.

En 2024, deux bénév­oles — Nathalie Bon­net (for­ma­trice et inter­venante en édu­ca­tion thérapeu­tique du patient) et Vir­ginie Bil­lard (for­ma­trice et prati­ci­enne en éthique de la san­té) — rejointes plus récem­ment par Chris­tine Cheva­lier (for­ma­trice et patiente parte­naire), ont tra­vail­lé à l’élaboration d’un véri­ta­ble pro­jet de for­ma­tion au pair-accom­pa­g­ne­ment, sous l’impulsion du bureau. En avril 2025, la pre­mière pro­mo­tion, com­prenant un groupe de 4 per­son­nes, a vu le jour, suiv­ie de deux autres pro­mo­tions. Au total, 12 per­son­nes ont été for­mées en 2025.

Comment est née l’idée de créer une formation dédiée au pair-accompagnement  ?

Coras­so est née de la ren­con­tre de deux patientes atteintes d’un can­cer tête et cou, Sab­ri­na Le Bars et Chris­tine Fauquem­ber­gue. Elles ont pris con­science de la chance qu’elles avaient eue de pou­voir s’accompagner mutuelle­ment tout au long de leur par­cours de soins. Le sou­tien entre pairs est donc inscrit dans l’ADN même de l’association.

« Au départ, cet accom­pa­g­ne­ment se pra­ti­quait spon­tané­ment, au fil de l’eau. Mais à mesure que l’association a gran­di, les sol­lic­i­ta­tions se sont mul­ti­pliées. Il est alors apparu néces­saire de struc­tur­er cette pra­tique », affirme Vir­ginie Billard.

Pourquoi est-il important de structurer et professionnaliser le rôle de pair-accompagnant ?

« Même s’il repose sur le bénévolat, le pair-accom­pa­g­ne­ment néces­site un cadre clair : iden­ti­fi­er son rôle ; con­naître ses lim­ites ; éviter toute con­fu­sion avec un accom­pa­g­ne­ment médi­cal ou psy­chologique », indique Vir­ginie Billard. 

Struc­tur­er per­met de sécuris­er la rela­tion, pour la per­son­ne accom­pa­g­née comme pour le pair lui-même. Cela sup­pose de trans­former un vécu per­son­nel en savoir expéri­en­tiel trans­mis­si­ble, avec recul et discernement.

Qui peut suivre cette formation au pair-accompagnement 

La for­ma­tion s’adresse à toute per­son­ne touchée par un can­cer tête et cou (patient ou aidant), avec un pre­mier recul sur la mal­adie, les traite­ments, le rap­port avec les soignants. Il faut être adhérent de Coras­so et à jour de sa cotisation.

Quels sont ses objectifs ?

Cette for­ma­tion vise à accom­pa­g­n­er les patients et les proches dans la tran­si­tion vers un rôle de pair-accom­pa­g­na­teur, en s’appuyant sur l’expérience per­son­nelle de la mal­adie et sur les échanges avec le groupe.

« Elle per­met de pren­dre du recul sur la prise en soin et sur son pro­pre par­cours de mal­a­die », explique Vir­ginie Bil­lard. « L’idée est de pass­er du statut de patient ou d’aidant à celui de pair-accom­pa­g­na­teur, en iden­ti­fi­ant son style, ses valeurs et ses lim­ites, et en dévelop­pant une com­mu­ni­ca­tion respectueuse de soi et de l’autre », pré­cise ‑elle.

Au cours de la for­ma­tion, les par­tic­i­pants appren­nent à :

  • Partager leur expéri­ence et s’enrichir de celle des autres mem­bres du groupe ;
  • Accom­pa­g­n­er une per­son­ne indi­vidu­elle­ment ou col­lec­tive­ment, y com­pris en pas­sant le relais si nécessaire ;
  • Repér­er les enjeux d’un accom­pa­g­ne­ment et mobilis­er les savoirs expéri­en­tiels pertinents ;
  • Agir dans le respect des valeurs et lim­ites de cha­cun, tout en s’appuyant sur le groupe de pairs pour pren­dre du recul.

« Pour pro­longer l’expérience, des groupes de co-développe­ment, men­su­els ou bimestriels, per­me­t­tent aux par­tic­i­pants, à l’is­sue de la for­ma­tion, de con­tin­uer à partager, réfléchir et s’appuyer sur l’intelligence col­lec­tive. Cette approche favorise un accom­pa­g­ne­ment humain, respectueux et struc­turé, fondé sur l’expérience partagée et la con­fi­ance mutuelle », », insiste Vir­ginie Billard.

« L’objectif de cette for­ma­tion est de devenir pair-accom­pa­g­na­teur, en iden­ti­fi­ant ses valeurs, son style et ses lim­ites, et en apprenant à écouter et com­mu­ni­quer avec respect »

Comment s’organise concrètement la formation ?

La for­ma­tion représente 40 heures au total : 20h15 en dis­tan­ciel (visio­con­férences toutes les trois semaines) ; 20 heures de tra­vail per­son­nel en asynchrone. 

Chaque mod­ule (9 au total) d’une durée d’en­v­i­ron 4 à 5 heures, comprend :

  • 1h30 de visioconférence,
  • et quelques heures de tra­vail per­son­nel, dont la durée varie selon les modules.

Les pre­miers mod­ules sont con­sacrés à une démarche d’introspection. Cette étape ini­tiale est déter­mi­nante : cha­cun est invité à revenir sur son his­toire per­son­nelle avec la mal­adie : ses valeurs, l’annonce du diag­nos­tic, le vécu des traite­ments, les sou­tiens ren­con­trés ain­si que les obsta­cles tra­ver­sés. Les mod­ules suiv­ants visent à dévelop­per d’autres com­pé­tences. Ils abor­dent dif­férents thèmes, comme la place des émo­tions, l’apprentissage de l’écoute active, ou encore la recherche d’un juste équili­bre entre empathie et con­fi­ance en soi.

Les mod­ules com­bi­nent dif­férents aspects : bases théoriques, partage d’expérience, mis­es en sit­u­a­tion en mode « bac à sable », ressources écrites, vidéos, audios et bibliographiques. 

« Trois pro­mo­tions sont pro­posées chaque année : entrée en févri­er, en mai, en sep­tem­bre. La for­ma­tion est validée par la rédac­tion et la présen­ta­tion d’un pro­jet de pair-accom­pa­g­ne­ment. Un ques­tion­naire d’évaluation est égale­ment com­plété par le par­tic­i­pant », note Vir­ginie Billard. 

Comment s’est déroulée la première année ?

« En 2025, trois groupes ont com­mencé la for­ma­tion, regroupant 11 par­tic­i­pants motivés. En 2026, une nou­velle pro­mo­tion de 3 per­son­nes a démar­ré, béné­fi­ciant de ce pro­gramme inno­vant », explique Vir­ginie Billard.

Dès le mod­ule 4, la for­ma­tion a trou­vé un équili­bre entre apports théoriques et tra­vail pra­tique. Les par­tic­i­pants ont pu s’exercer à par­tir de sit­u­a­tions de patients inspirées de deman­des réelles, soigneuse­ment anonymisées pour garan­tir la con­fi­den­tial­ité. Chaque exer­ci­ce com­pre­nait la for­mu­la­tion de répons­es, leur analyse col­lec­tive et la con­fronta­tion des dif­férentes approches, favorisant un appren­tis­sage con­cret et partagé.

« Les échanges ont été par­ti­c­ulière­ment fructueux, tein­tés d’une grande human­ité », souligne Vir­ginie Bil­lard. « Cet espace d’entraînement sécurisé per­met aux futurs pair-accom­pa­g­nants de tester leurs sen­si­bil­ités, affin­er leurs con­nais­sances et pren­dre con­fi­ance avant d’être con­fron­tés à des sit­u­a­tions réelles. »

» Lire dans cet arti­cle le témoignage de Nicole, ayant par­ticipé à la pre­mière année de formation

Au fil des ses­sions, les par­tic­i­pants ont dévelop­pé leur capac­ité d’écoute, leur dis­cerne­ment et leur assur­ance, tout en expéri­men­tant la richesse du tra­vail en groupe. « Ce dis­posi­tif offre un cadre bien­veil­lant où cha­cun peut appren­dre de ses pairs, iden­ti­fi­er ses lim­ites et ren­forcer ses com­pé­tences d’accompagnement, élé­ments essen­tiels pour un sou­tien effi­cace et respectueux », assure Vir­ginie Billard.

« Les échanges ont été par­ti­c­ulière­ment fructueux, tein­tés d’une grande humanité »

Quels enseignements en tirez-vous ?

Le prin­ci­pal enseigne­ment de cette pre­mière année est sans con­teste la force du col­lec­tif. « La for­ma­tion n’est pas lim­itée à la trans­mis­sion de savoirs théoriques ou pra­tiques : elle est dev­enue un véri­ta­ble espace de ren­con­tres, d’échanges et de co-appren­tis­sage. Les par­tic­i­pants ont souligné à quel point le groupe con­sti­tu­ait un lieu sûr, où il est pos­si­ble de se con­fi­er, d’exprimer ses doutes, ses émo­tions ou ses dif­fi­cultés, sans juge­ment. Cette dynamique de con­fi­ance mutuelle favorise la réflex­ion per­son­nelle et col­lec­tive et per­met à cha­cun de pren­dre du recul sur son pro­pre par­cours de mal­adie, tout en enrichissant sa com­préhen­sion de celui des autres », explique Vir­ginie Billard.

Il ne s’agit pas seule­ment de partager des expéri­ences, mais de met­tre en com­mun les straté­gies, les pos­tures et les réflex­ions pour mieux accom­pa­g­n­er les patients ou les proches. « La for­ma­tion a per­mis aux par­tic­i­pants de tester leurs répons­es à des sit­u­a­tions com­plex­es, de recevoir un retour de leurs pairs et d’ajuster leur pos­ture. La richesse du groupe tient à la diver­sité des expéri­ences de cha­cun. Cette plu­ral­ité offre un large panora­ma des enjeux émo­tion­nels et pra­tiques liés au pair-accom­pa­g­ne­ment », note t‑elle.

Autre enseigne­ment : la for­ma­tion est vivante et évo­lu­tive. Les retours de la pre­mière pro­mo­tion ont servi à ajuster les mod­ules, affin­er les mis­es en sit­u­a­tion. Pour Vir­ginie Bil­lard, « chaque pro­mo­tion apporte de nou­velles per­spec­tives, per­me­t­tant à la for­ma­tion de s’adapter aux besoins réels des futurs pairs-accom­pa­g­nants et de ren­forcer leur con­fi­ance avant de ren­con­tr­er des per­son­nes accompagnées ».

Enfin, ce qui ressort de manière frap­pante, c’est que la for­ma­tion trans­forme autant qu’elle accom­pa­gne. « Les par­tic­i­pants témoignent sou­vent qu’ils repar­tent avec une meilleure con­nais­sance d’eux-mêmes, un sen­ti­ment accru de légitim­ité dans leur rôle et une capac­ité ren­for­cée à mobilis­er leurs expéri­ences pour soutenir d’autres. La pre­mière année a donc con­fir­mé que la puis­sance du col­lec­tif et du partage d’expérience est au cœur de l’efficacité du pair-accom­pa­g­ne­ment », résume t‑elle.


Pro­pos recueil­lis par Hélia Hakimi-Prévot

POUR ALLER PLUS LOIN :

- Tout savoir sur le pair-accom­pa­g­ne­ment.
- Écouter le pod­cast Cou de Tête de Vir­ginie.
- En savoir plus sur les con­seils et astuces de Coras­so pour mieux vivre au quo­ti­di­en avec la maladie.

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