Cancer : quelles aides financières peut-on obtenir et comment les demander ?

Un can­cer peut frag­ilis­er forte­ment le bud­get famil­ial : arrêt de tra­vail, baisse de revenus, coût des trans­ports, aide à domi­cile, matériel adap­té… De nom­breuses aides exis­tent, mais elles dépen­dent de la sit­u­a­tion de cha­cun. Domi­t­ille Cot­tet, respon­s­able de l’accès aux droits à la Ligue con­tre le can­cer, nous explique com­ment s’y retrouver.

aides financieres

Quelles sont les principales conséquences financières d’un cancer ?

Un can­cer peut avoir plusieurs con­séquences finan­cières. La pre­mière con­cerne les revenus : lorsqu’une per­son­ne tra­vaille et doit s’arrêter pour suiv­re ses traite­ments, elle peut béné­fici­er d’indemnités jour­nal­ières. Mais d’autres dépens­es peu­vent appa­raître : trans­ports pour se ren­dre aux soins, aide à domi­cile, adap­ta­tion du loge­ment, matériel ou appareil­lage, voire reste à charge sur cer­tains frais. « Il existe plusieurs caté­gories d’aides : des revenus de rem­place­ment, comme les indem­nités jour­nal­ières ou la pen­sion d’invalidité ; des presta­tions des­tinées à com­penser une sit­u­a­tion de hand­i­cap ou une perte d’autonomie ; des aides liées à la sit­u­a­tion famil­iale et, enfin, des aides excep­tion­nelles qui peu­vent notam­ment être accordées par les caiss­es de retraite, les mutuelles ou les asso­ci­a­tions », souligne Domi­t­ille Cottet.

Le point essen­tiel est qu’il n’existe pas une aide unique dédiée au can­cer. Les droits dépen­dent de l’âge, de l’activité pro­fes­sion­nelle, des revenus, du régime social, de l’autonomie et des con­séquences de la maladie.

Quand on travaille et que l’on doit s’arrêter, à quelles indemnités peut-on prétendre ?

« Le pre­mier dis­posi­tif est celui des indem­nités jour­nal­ières (IJ) de l’Assurance Mal­adie. Elles con­stituent un revenu de rem­place­ment pen­dant l’arrêt de tra­vail. En cas d’Affection Longue Durée (ALD), ce qui con­cerne la grande majorité des can­cers, les indem­nités jour­nal­ières peu­vent être ver­sées pen­dant une durée max­i­male de trois ans pour une même affec­tion, sous réserve de rem­plir les con­di­tions d’ouverture des droits », affirme Domi­t­ille Cottet 

Le point de départ est tou­jours la pre­scrip­tion d’un arrêt de tra­vail par le médecin. Le salarié doit ensuite trans­met­tre son arrêt à l’Assurance Mal­adie et à son employeur selon les modal­ités prévues. Les IJ cor­re­spon­dent en principe à 50 % du gain jour­nalier de base, avec un pla­fond. Elles ne cor­re­spon­dent donc pas tou­jours à 50 % du salaire net.

Que se passe-t-il après trois ans d’arrêt ?

Si l’état de san­té ne per­met tou­jours pas de repren­dre une activ­ité pro­fes­sion­nelle, la ques­tion d’une pen­sion d’invalidité peut se pos­er. C’est l’Assurance Mal­adie (et notam­ment, le médecin-con­seil) qui appré­cie la sit­u­a­tion. « Il existe trois caté­gories de pen­sion d’invalidité. La pre­mière cor­re­spond à une capac­ité à exercer une activ­ité rémunérée réduite ; la deux­ième, à une inca­pac­ité à exercer une activ­ité pro­fes­sion­nelle ; la troisième con­cerne les per­son­nes qui sont dans l’incapacité de tra­vailler et ont besoin de l’assistance d’une tierce per­son­ne pour accom­plir les actes ordi­naires de la vie », pré­cise Domi­t­ille Cot­tet. Il faut toute­fois rap­pel­er une idée reçue impor­tante : « une pen­sion d’invalidité de caté­gorie 2 n’interdit pas de tra­vailler. Une activ­ité pro­fes­sion­nelle peut être reprise dans cer­taines con­di­tions, notam­ment à temps par­tiel, avec adap­ta­tion éventuelle du poste », note la spécialiste.

Quel peut être le montant d’une pension d’invalidité ?

Le mon­tant dépend notam­ment des revenus antérieurs et de la caté­gorie d’invalidité. « En 2026, pour un salarié, la pen­sion cor­re­spond à 30 % du salaire annuel moyen pour la caté­gorie 1 et à 50 % pour les caté­gories 2 et 3, dans les lim­ites prévues par l’Assurance Mal­adie. La pen­sion de caté­gorie 3 est com­plétée par une majo­ra­tion pour tierce per­son­ne lorsque l’assistance d’une autre per­son­ne est néces­saire », note Domi­t­ille Cottet.

Existe-t-il une prévoyance qui puisse compléter les revenus ?

« Oui, et c’est un point auquel les patients ne pensent pas tou­jours. Il faut véri­fi­er s’il existe une prévoy­ance col­lec­tive ou indi­vidu­elle. Selon le con­trat, elle peut com­pléter les indem­nités jour­nal­ières ou la pen­sion d’invalidité et donc lim­iter la perte de revenus. Pour un salarié, il faut se ren­seign­er auprès de l’employeur ou du ser­vice des ressources humaines afin de savoir si l’entreprise dis­pose d’un con­trat de prévoy­ance et quelles garanties sont prévues. Les tra­vailleurs indépen­dants doivent regarder leurs con­trats per­son­nels », déclare Domi­t­ille Cot­tet. Il est impor­tant de ne pas atten­dre plusieurs mois avant de véri­fi­er ses droits car cer­taines aides ne sont pas rétroac­tives : il faut rechercher ces infor­ma­tions dès le début de l’arrêt.

« Les patients ne pensent pas tou­jours à la prévoy­ance. Or, elle elle peut com­pléter les indem­nités jour­nal­ières ou la pen­sion d’invalidité et donc lim­iter la perte de revenus ».

Et lorsqu’on est demandeur d’emploi au moment du diagnostic ?

Une per­son­ne indem­nisée par France Tra­vail qui est tem­po­raire­ment inca­pable de rechercher un emploi, à cause de son can­cer par exem­ple, doit égale­ment être arrêtée par son médecin. « Elle peut alors béné­fici­er d’indemnités jour­nal­ières de l’Assurance Mal­adie si elle rem­plit les con­di­tions. Elle peut être radiée tem­po­raire­ment de France Tra­vail pen­dant son arrêt : cela ne sig­ni­fie pas qu’elle perd défini­tive­ment ses droits. Lorsque l’arrêt prend fin et qu’elle est de nou­veau en mesure de rechercher un emploi, elle peut se réin­scrire et repren­dre son indem­ni­sa­tion selon les règles applic­a­bles », assure Domi­t­ille Cottet.

Point impor­tant : les indem­nités jour­nal­ières sont cal­culées à par­tir des revenus pro­fes­sion­nels antérieurs et non à par­tir du mon­tant de l’allocation chômage.

Les patients peuvent-ils obtenir la prise en charge de leurs transports pour aller aux soins ?

« Oui, mais l’ALD ne sig­ni­fie pas que tous les trans­ports sont automa­tique­ment rem­boursés. Il faut que le trans­port soit en lien avec l’ALD et que les con­di­tions médi­cales et admin­is­tra­tives soient réu­nies. Une pre­scrip­tion médi­cale est néces­saire. Selon l’état de san­té, le médecin peut pre­scrire un véhicule per­son­nel, les trans­ports en com­mun ou un trans­port assis pro­fes­sion­nal­isé, comme un véhicule san­i­taire léger (VSL) ou un taxi con­ven­tion­né. Dans cer­taines sit­u­a­tions, une demande d’accord préal­able auprès de l’Assurance Mal­adie est néces­saire », pré­cise l’experte. Pour une ALD exonérante, les trans­ports con­cernés peu­vent être pris en charge à 100 % de la base de rem­bourse­ment de l’Assurance Mal­adie. Atten­tion toute­fois : une fran­chise médi­cale de 4 € par trans­port s’applique aux taxis con­ven­tion­nés, VSL et ambu­lances, dans la lim­ite de 8 € par jour).

Existe t‑il des solutions pour payer une aide à domicile ? 

Plusieurs aides peu­vent être envis­agées. « Il faut d’abord con­tac­ter sa mutuelle car cer­tains con­trats prévoient des heures d’aide à domi­cile après une hos­pi­tal­i­sa­tion ou dans cer­taines sit­u­a­tions de mal­adie. Mais cela dépend entière­ment du con­trat. Il existe égale­ment le crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domi­cile, qui peut notam­ment con­cern­er des presta­tions d’aide à domi­cile. Il cor­re­spond, sous con­di­tions, à 50 % des dépens­es éli­gi­bles. Il ne faut pas néces­saire­ment être impos­able pour en béné­fici­er : le crédit d’impôt peut être resti­tué. Enfin, selon la sit­u­a­tion, des aides peu­vent être recher­chées auprès de la caisse de retraite, du départe­ment, du Cen­tre com­mu­nal d’action sociale (CCAS) ou de dif­férents fonds soci­aux », détaille Domi­t­ille Cottet.

Qu’est-ce que la prestation de compensation du handicap ?

« La presta­tion de com­pen­sa­tion du hand­i­cap (PCH) est une presta­tion ver­sée après éval­u­a­tion du con­texte de vie de la per­son­ne, par la Mai­son départe­men­tale des per­son­nes hand­i­capées (MDPH). Elle vise à com­penser les con­séquences d’un hand­i­cap et non à rem­plac­er un revenu. Elle peut financer une aide humaine ou tech­nique, l’aménagement du loge­ment ou du véhicule, cer­tains sur­coûts liés aux trans­ports, des charges spé­ci­fiques ou excep­tion­nelles et, dans cer­tains cas, une aide ani­mal­ière », décrit Domi­t­ille Cot­tet. Pour y avoir droit, il faut notam­ment présen­ter soit une dif­fi­culté absolue pour réalis­er une activ­ité impor­tante de la vie quo­ti­di­enne, soit une dif­fi­culté grave pour au moins deux activ­ités. Selon la spé­cial­iste, « les dif­fi­cultés doivent être défini­tives ou avoir une durée prévis­i­ble d’au moins un an. C’est une presta­tion assez tech­nique. Je con­seille vrai­ment aux patients de ne pas rem­plir seuls leur dossier s’ils éprou­vent des dif­fi­cultés : un(e) assistant(e) social(e), une asso­ci­a­tion ou un pro­fes­sion­nel con­nais­sant les démarch­es MDPH peut les aider à décrire pré­cisé­ment les con­séquences de la mal­adie dans la vie quo­ti­di­enne ».

Une personne atteinte d’un cancer tête et cou peut-elle bénéficier de la PCH ?

« Absol­u­ment, si les con­séquences du can­cer et de ses traite­ments entraî­nent une sit­u­a­tion répon­dant aux critères du hand­i­cap. Les can­cers tête et cou peu­vent avoir des con­séquences par­ti­c­ulières : dif­fi­cultés impor­tantes pour par­ler ou com­mu­ni­quer, trou­bles de la dég­lu­ti­tion et de l’alimentation, dif­fi­cultés à se déplac­er ou à effectuer cer­tains actes de la vie quo­ti­di­enne, fatigue impor­tante ou besoin d’un matériel spé­ci­fique. La perte de la voix, par exem­ple, peut avoir des con­séquences fonc­tion­nelles et sociales majeures. Selon la sit­u­a­tion, la PCH peut par­ticiper au finance­ment d’aides tech­niques per­me­t­tant de com­mu­ni­quer ou d’autres com­pen­sa­tions néces­saires », assure Domi­t­ille Cot­tet. Il faut toute­fois raison­ner à par­tir des con­séquences con­crètes du hand­i­cap, et non sim­ple­ment du diag­nos­tic de can­cer ORL.

« La presta­tion de com­pen­sa­tion du hand­i­cap (PCH) peut con­tribuer à financer des aides tech­niques pour les per­son­nes atteintes de can­cers tête et cou ».

La PCH peut-elle être accordée pour une période limitée, par exemple pendant les traitements ?

« Oui. La PCH peut être attribuée pour une durée déter­minée lorsque la sit­u­a­tion est sus­cep­ti­ble d’évoluer. Elle peut égale­ment être attribuée à vie lorsque l’état de san­té ne peut pas s’améliorer », affirme Domi­t­ille Cot­tet. En ce qui con­cerne le can­cer, ce point est par­ti­c­ulière­ment impor­tant car une per­son­ne peut avoir des besoins impor­tants pen­dant les traite­ments puis retrou­ver son autonomie quelques mois ou années plus tard. « La dif­fi­culté est par­fois le délai d’instruction des dossiers MDPH qui peut être long alors que les besoins sont immé­di­ats. Il est donc utile de d’effectuer les démarch­es rapi­de­ment et, par­al­lèle­ment, de rechercher des solu­tions pro­vi­soires auprès de la mutuelle, de la caisse de retraite, du CCAS ou des asso­ci­a­tions », conseille-t-elle.

Peut-on cumuler pension d’invalidité et PCH ?

« Oui, en principe, parce que ces deux dis­posi­tifs n’ont pas le même objec­tif. La pen­sion d’invalidité com­pense une perte de capac­ité de tra­vail et donc de revenus, tan­dis que la PCH com­pense les con­séquences du hand­i­cap dans la vie quo­ti­di­enne. Il peut néan­moins exis­ter des inter­ac­tions entre cer­taines presta­tions, notam­ment lorsque la pen­sion d’invalidité com­porte une majo­ra­tion pour tierce per­son­ne. Il faut donc faire étudi­er la sit­u­a­tion indi­vidu­elle­ment », com­mente Domi­t­ille Cottet.

Qu’en est-il de l’allocation aux adultes handicapés?

L’allocation aux adultes hand­i­capés (AAH) garan­tit un revenu min­i­mal aux per­son­nes en sit­u­a­tion de hand­i­cap qui rem­plis­sent les con­di­tions d’incapacité et de ressources. « Dans le cas d’un can­cer, elle peut notam­ment con­cern­er des per­son­nes qui n’ont pas ou plus de revenus pro­fes­sion­nels suff­isants et qui ne relèvent pas, ou pas entière­ment, d’une pen­sion d’invalidité.
Une
pen­sion d’invalidité peut, dans cer­taines sit­u­a­tions, être com­plétée par l’AAH dif­féren­tielle. Il faut donc faire exam­in­er les droits par la Caisse d’Allocations Famil­iales (CAF), la Mutuelle Sociale Agri­cole (MSA) ou un tra­vailleur social plutôt que de par­tir du principe que les deux dis­posi­tifs s’excluent tou­jours », prévient Domi­t­ille Cottet.

Existe-t-il une aide supplémentaire pour les personnes bénéficiant de l’AAH?

« Il existe notam­ment la majo­ra­tion pour la vie autonome (MVA). Elle est attribuée automa­tique­ment aux béné­fi­ci­aires de l’AAH qui rem­plis­sent toutes les con­di­tions : notam­ment un taux d’incapacité d’au moins 80 %, un loge­ment indépen­dant, une aide au loge­ment et l’absence de revenu d’activité », note Domi­t­ille Cot­tet. Le mon­tant de la MVA est actuelle­ment de 104,77 € par mois. 

Et pour les patients de 60 ans et plus qui perdent leur autonomie ?

« On entre davan­tage dans le champ de l’allocation per­son­nal­isée d’autonomie (APA), des­tinée aux per­son­nes âgées en perte d’autonomie. Elle peut notam­ment financer un plan d’aide com­prenant des heures d’aide à domi­cile ou cer­tains amé­nage­ments. Le can­cer pose cepen­dant une dif­fi­culté par­ti­c­ulière : les besoins peu­vent être impor­tants pen­dant quelques mois, sans cor­re­spon­dre à une perte d’autonomie durable liée au vieil­lisse­ment. Il faut donc regarder l’ensemble des dis­posi­tifs disponibles et pas unique­ment l’APA » recom­mande Domi­t­ille Cot­tet. Pour les per­son­nes retraitées rel­a­tive­ment autonomes, qui ne rem­plis­sent pas les con­di­tions de l’APA, les caiss­es de retraite peu­vent égale­ment pro­pos­er des dis­posi­tifs d’aide à domi­cile ou d’accompagnement.

Justement, quelles types d’aides sont dédiées aux personnes retraitées ?

 « La caisse de retraite peut pro­pos­er dif­férents dis­posi­tifs d’aide, selon le régime et la sit­u­a­tion de la per­son­ne. Cela peut con­cern­er l’aide à domi­cile ou l’accompagnement au retour à domi­cile après une hos­pi­tal­i­sa­tion. Cer­taines caiss­es pro­posent par exem­ple des dis­posi­tifs d’aide aux seniors comme OSCAR pour les per­son­nes rel­e­vant de l’Assurance retraite et qui ne béné­fi­cient pas de l’APA », note Domi­t­ille Cot­tet. Il faut donc con­tac­ter directe­ment sa caisse de retraite car les aides et leurs con­di­tions peu­vent varier.

Que peut faire une mutuelle ?

« La mutuelle peut être une porte d’entrée impor­tante, notam­ment pour les aides à domi­cile après une hos­pi­tal­i­sa­tion », indique Domi­t­ille Cot­tet.
Il faut donc appel­er sa mutuelle dès le début des traite­ments et deman­der pré­cisé­ment quelles presta­tions d’assistance sont prévues par le contrat. 

Existe-t-il des aides exceptionnelles pour les patients retraités en difficulté financière ?

« Oui. C’est un dis­posi­tif que les patients con­nais­sent sou­vent mal. Les caiss­es de retraite, les organ­ismes soci­aux, cer­tains départe­ments ou les CCAS peu­vent pro­pos­er des aides ponctuelles selon la sit­u­a­tion. La Ligue con­tre le can­cer peut égale­ment attribuer des aides finan­cières par l’intermédiaire de ses comités départe­men­taux. Ils peu­vent con­tribuer, selon les sit­u­a­tions, à financer une aide à domi­cile ou cer­tains restes à charge aux­quels la per­son­ne ne peut pas faire face », Domi­t­ille Cot­tet. La demande auprès de la Ligue con­tre le can­cer est étudiée sur dossier et doit être présen­tée par un(e) assistant(e) social(e). 

Pourquoi est-il si important de faire appel à un travailleur social ?

Les aides sont nom­breuses et dépen­dent de paramètres très dif­férents : âge, emploi, ressources, régime de pro­tec­tion sociale, hand­i­cap, autonomie, sit­u­a­tion famil­iale, mutuelle, lieu de résidence…

« On peut avoir une prise en charge par la mutuelle pen­dant quelques semaines, puis une aide de la caisse de retraite et, éventuelle­ment, une aide asso­cia­tive. Il faut par­fois véri­ta­ble­ment « met­tre en musique » plusieurs dis­posi­tifs. Le tra­vailleur social peut aus­si traduire les dif­fi­cultés con­crètes ren­con­trées par la per­son­ne dans les ter­mes néces­saires à l’étude d’un dossier MDPH, par exem­ple », souligne Domi­tile Cot­tet.

Qui contacter en priorité lorsqu’on ne sait pas à quelles aides on a droit ?

« La pre­mière porte à pouss­er peut être celle du ser­vice social de l’hôpital ou du cen­tre de soins, lorsqu’il y en a un. Mais il ne faut pas s’arrêter là. Les asso­ci­a­tions de patients et de lutte con­tre le can­cer peu­vent égale­ment ori­en­ter les per­son­nes. Les espaces d’information et d’accompagnement présents dans les étab­lisse­ments de san­té peu­vent être utiles pour iden­ti­fi­er les dis­posi­tifs exis­tant locale­ment », répond Domi­t­ille Cot­tet.  Il existe égale­ment des ser­vices d’information juridique et sociale spé­cial­isés dans le can­cer. « À la Ligue con­tre le can­cer, notre ligne Ligue Sou­tien Can­cer (0800 940 939) per­met notam­ment de pos­er des ques­tions sur les droits, les ressources, les revenus de rem­place­ment, les con­séquences du can­cer dans la vie quo­ti­di­enne ou encore les con­gés des proches aidants. Le ser­vice est gra­tu­it et anonyme », pré­cise-t-elle.

Existe-t-il des aides pour les parents d’un enfant ou d’un adolescent atteint de cancer ? 

« Oui. Lorsqu’un enfant grave­ment malade néces­site la présence d’un par­ent, celui-ci peut deman­der un con­gé de présence parentale, indem­nisé par l’allo­ca­tion jour­nal­ière de présence parentale (AJPP) », avance Domi­t­ille Cot­tet.
L’AJPP per­met d’être indem­nisé pour les journées ou demi-journées passées auprès de l’enfant, dans la lim­ite de 22 jours par mois. Elle peut être accordée pen­dant une péri­ode pou­vant aller jusqu’à trois ans, sous cer­taines con­di­tions.
Par ailleurs, lorsque l’enfant présente une sit­u­a­tion de hand­i­cap, des dis­posi­tifs comme la PCH peu­vent être étudiés.

Les patients atteints d’un cancer ORL ont-ils des besoins financiers particuliers ?

Ils peu­vent effec­tive­ment avoir des besoins spé­ci­fiques liés aux con­séquences fonc­tion­nelles de leur mal­adie et de leurs traitements.

Les dif­fi­cultés pour par­ler, com­mu­ni­quer, manger ou dég­lu­tir peu­vent néces­siter des aides tech­niques ou des adap­ta­tions. La perte de la voix, par exem­ple, peut con­duire à l’utilisation d’équipements ou de solu­tions de com­mu­ni­ca­tion adap­tés.  « Selon les con­séquences du hand­i­cap, ces dépens­es peu­vent relever de la PCH. Il peut égale­ment y avoir des besoins d’aide humaine ou d’adaptation du loge­ment lorsque la per­son­ne ren­con­tre des dif­fi­cultés dans les actes de la vie quo­ti­di­enne. Pour les pro­thès­es ou appareil­lages très spé­ci­fiques, notam­ment dans le domaine max­il­lo-facial ou pour cer­taines pro­thès­es de langue, les règles de rem­bourse­ment sont beau­coup plus tech­niques. Il faut deman­der au ser­vice hos­pi­tal­ier spé­cial­isé et à l’Assurance Mal­adie de véri­fi­er pré­cisé­ment le dis­posi­tif con­cerné et son éventuelle prise en charge », explique Domi­t­ille Cot­tet. Il ne faut pas engager une dépense impor­tante sans avoir véri­fié, au préal­able, les modal­ités de remboursement.

Quelles sont les aides existantes pour les personnes étrangères atteintes de cancer ?

« La sit­u­a­tion dépend notam­ment du droit au séjour et de la cou­ver­ture mal­adie. Une per­son­ne en sit­u­a­tion irrégulière peut, sous con­di­tions, relever de l’Aide médi­cale de l’État (AME). Il existe notam­ment une con­di­tion de rési­dence sta­ble en France et, en principe, un délai de trois mois ; les soins urgents béné­fi­cient de règles spé­ci­fiques. C’est une sit­u­a­tion dans laque­lle il est par­ti­c­ulière­ment impor­tant de ne pas atten­dre : il faut con­tac­ter rapi­de­ment un tra­vailleur social et, si néces­saire, une Per­ma­nence d’accès aux soins de san­té (PASS) afin d’étudier les pos­si­bil­ités de prise en charge », répond Domi­t­ille Cottet.

Les per­son­nes qui rési­dent à l’étranger ou qui revi­en­nent en France après une longue péri­ode doivent égale­ment véri­fi­er leurs droits à l’Assurance Mal­adie : l’affiliation n’est pas néces­saire­ment automatique.

« Une per­son­ne ayant un can­cer, en sit­u­a­tion irrégulière peut, sous con­di­tions, relever de l’Aide médi­cale de l’État (AME) ».

Quels sont vos principaux conseils aux patients qui ont des difficultés financières pendant leur cancer ?

« Ne restez pas seul avec vos dif­fi­cultés finan­cières et n’attendez pas que la sit­u­a­tion se dégrade. Il faut en par­ler rapi­de­ment à un pro­fes­sion­nel.
Le
tra­vailleur social est vrai­ment une porte d’entrée essen­tielle. Il peut rechercher les droits auprès de l’Assurance Mal­adie, de la CAF, de la MDPH, de la caisse de retraite, de la mutuelle ou d’organismes locaux et asso­ci­at­ifs. Il faut aus­si garder en tête que deux per­son­nes atteintes du même can­cer peu­vent avoir des droits com­plète­ment dif­férents. Le statut pro­fes­sion­nel, l’âge, les ressources, la sit­u­a­tion famil­iale et les con­séquences du can­cer changent beau­coup de choses », recom­mande Domi­t­ille Cottet.

Le plus impor­tant est donc de faire établir un bilan per­son­nal­isé de ses droits plutôt que de chercher soi-même une aide après l’autre.

« Enfin, vous pou­vez con­sul­ter la rubrique « Mes droits, mes démarch­es », éditée par la Ligue con­tre le can­cer, qui pro­pose plus de 200 fich­es questions/réponses sur les droits des per­son­nes malades et des proches aidants : Mes droits, mes démarch­es | Ligue con­tre le can­cer. Mais aus­si, con­tac­ter le comité départe­men­tal de la Ligue con­tre le can­cer près de chez vous : La Ligue près de chez vous | Ligue con­tre le can­cer », conclut-elle. 


Pro­pos recueil­lis par Hélia Hakimi-Prévot

Cette page a-t-elle répondu à vos attentes ?
OuiNon

Continuons l'échange avec les réseaux sociaux Corasso :