« Mon cancer des amygdales ne m’a pas obligé à renoncer à ce qui m’est cher »

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Par Helia Prévot

Portrait Pierre
portrait pierre corasso2021 1“Dans ma vie per­son­nelle rien n’a changé “, recon­naît Pierre.

« Il y a 6 ans, on m’a décou­vert un can­cer des amyg­dales. Il s’ag­it apparem­ment d’un « can­cer de fumeur ». J’é­tais très éton­né car j’avais arrêté la cig­a­rette 20 ans avant que la mal­adie ne se déclare. Les pre­miers symp­tômes étaient une forte douleur. J’avais con­sulté une mul­ti­tude de médecins, y com­pris des ORL. Per­son­ne ne voy­ait rien de par­ti­c­uli­er ; tout au plus me con­seil­lait-on de faire des bains de bouche. Mais rien n’y fai­sait ! La douleur ne dis­parais­sait pas, au con­traire. Un jour, j’ai décidé de con­sul­ter un nou­v­el ORL. Il m’a aus­culté : il a mis son doigt dans le fond de ma bouche et a appuyé très fort. J’ai hurlé de douleur, et du sang est sor­ti de ma bouche. En fait, j’ai fail­li m’é­vanouir. L’ORL m’a dit : « Mon­sieur, cela ressem­ble à une tumeur. ». Il avait rai­son. Pris en charge à l’hôpi­tal Saint-Joseph à Paris, cette tumeur s’est avérée être un can­cer des amyg­dales. J’ai d’abord subi une lourde opéra­tion : on m’a enlevé la tumeur et on l’a rem­placée par du mus­cle que l’on m’a pris dans la cuisse. Après cette inter­ven­tion, j’ai béné­fi­cié de 35 séances de radio­thérapie et de 7 séances de chimio­thérapie concomitantes

Heureuse­ment, depuis, la tumeur n’est jamais rev­enue ! Mais, dès 2016, j’ai eu plusieurs infec­tions au niveau de la gorge et de l’os de la mâchoire. L’in­fec­tion est mal­heureuse­ment une des com­pli­ca­tions pos­si­bles des can­cers tête et cou ; mais j’ai par­ti­c­ulière­ment joué de malchance. J’ai d’abord été opéré pour l’in­fec­tion à la gorge. Les suites ont été dif­fi­ciles. On m’a mis une sonde (appelée gas­tros­tomie) per­me­t­tant d’introduire l’alimentation directe­ment dans l’estomac. Je ne pou­vais plus boire ni manger nor­male­ment. Peu après cette inter­ven­tion, j’ai eu une infec­tion osseuse, il a fal­lu m’opér­er pour rem­plac­er l’os de la mâchoire grâce à une greffe provenant du péroné. Mais le lende­main de l’opéra­tion, le chirurgien s’est ren­du compte que l’os n’é­tait pas bien irrigué et que la greffe ne pre­nait pas. Il a fal­lu me réopér­er pour tir­er une veine, prise dans l’épaule, jusqu’à la mâchoire, per­me­t­tant à l’os d’être bien irrigué. Depuis cet épisode (octo­bre 2016), tout va bien. Je n’ai pas eu d’autres com­pli­ca­tions du traite­ment du cancer. 

Après tous ces traite­ments, ma vie n’a pas fon­da­men­tale­ment changé. Je suis vio­loniste pro­fes­sion­nel. Pen­dant trois ans, je n’ai pas réus­si à repren­dre le vio­lon car la tumeur que l’on m’a retirée au niveau des amyg­dales était placée juste à l’en­droit où je tenais mon vio­lon. Finale­ment, j’ai trou­vé une solu­tion pour tenir mon vio­lon autrement : aujour­d’hui, j’ai com­plète­ment repris mes activ­ités musi­cales. Je pense qu’une mal­adie n’ar­rive jamais par hasard. Quand j’ai été diag­nos­tiqué du can­cer des amyg­dales, j’avais besoin de pren­dre du recul par rap­port à ma pra­tique instru­men­tale, de réfléchir à la manière dont je voulais exercer mon méti­er. Finale­ment, ces trois années sans jouer du vio­lon m’ont per­mis de com­pren­dre que je voulais vrai­ment per­sévér­er dans cette voie. 

“Je ne vois pas cette mal­adie comme un com­bat à men­er, mais comme l’opportunité de me cen­tr­er sur l’essentiel”

Pierre

Les traite­ments m’ont égale­ment lais­sé d’autres séquelles : au niveau ali­men­taire, notam­ment. Aujour­d’hui, je n’ai plus de sonde, mais je ne peux tou­jours pas avaler la plu­part des ali­ments. L’un de mes objec­tifs, c’est de pou­voir, où que ce soit (au restau­rant, par exem­ple), trou­ver des ali­ments que je puisse manger, de manière à me sen­tir libre de sor­tir de mon domi­cile, et de par­tir où je veux. 

Heureuse­ment, dans ma vie per­son­nelle rien n’a changé : mar­ié à une femme très présente et aimante, très proche de mes trois enfants, mes amis sont restés à mes côtés. Finale­ment, le can­cer ne m’a pas obligé à renon­cer à ce qui m’est cher. Je ne vois pas cette mal­adie comme un com­bat à men­er, mais comme l’opportunité de me cen­tr­er sur l’essen­tiel. Et surtout, je me suis ren­du compte que je tenais plus à la vie que je ne le pensais ! ».

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